En 1848, la Suisse débat déjà…des étrangers

En 1848, la Suisse débat déjà…des étrangers

 Article paru dans le Matin Dimanche, le 9 février 2014.

La préoccupation liée à l’immigration remonte à loin. L’un des premiers dossiers traités par le nouveau parlement de 1848 est celui du sort des réfugiés politiques venus d’Europe. A l’époque, ce n’est pas leur nombre mais les pressions des puissances voisines qui inquiétaient la Suisse.

Berne, novembre 1848. Les députés fraîchement élus de la toute nouvelle Assemblée fédérale viennent de choisir le premier Conseil fédéral et engagent leur premier débat national aux deux Chambres. Et on discute déjà du sort des étrangers ! Il ne s’agit pas, alors, de travailleurs – la Suisse est une terre d’émigration à cette époque- mais de réfugiés politiques. Les premières révolutions libérales échouent partout, en Italie, en France, bientôt en Allemagne. Leurs instigateurs sont des milliers à fuir. Il y a parmi eux des figures célèbres, comme le chef de file du Risorgimento italien, Giuseppe Mazzini, qui se réfugiera à plusieurs reprises au Tessin et à Genève, ou le compositeur Richard Wagner, qui séjournera neuf ans en Suisse. Lire la suite « En 1848, la Suisse débat déjà…des étrangers »

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Les éditocrates de droite tiennent le crachoir

Les éditocrates de droite tiennent le crachoir

Voici un nouveau venu dans la sphère numérique romande. Le site lesobservateurs.ch regroupe quelques signatures représentant la « libre pensée » face au courant dominant du « politiquement correct ».  Traduction: le site est une caisse de résonnance pour les idées de la droite conservatrice mais il n’est apparenté à aucun parti politique particulier.  On y trouve beaucoup de billets d’humeur et quelques analyses mais les reportages sont inexistants.  Dommage.  Lire la suite « Les éditocrates de droite tiennent le crachoir »

Le syndrome du hérisson

La Suisse a fêté ses 718 ans le 1er août. La Suisse, vous savez, ce petit pays peuplé de mercenaires courageux qui a su préserver son identité, sa culture et son territoire tout au long d’un 20e siècle tourmenté. La Suisse à nouveau sous le feu d’attaques de grandes puissances qui en veulent à son économie, ses banques et sa liberté.

Le Monument du pacte / Parlement fédéral / Berne

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Un nouveau venu sur le marché de la presse romande

Edito no 1 - Le magazine des médias en Suisse romande

Nouveau venu sur le terrain de la presse francophone en Suisse romande, Edito est en fait le résultat de la fusion de journaliste.ch et de La Gazette SSM qui constituaient respectivement les organes de communication d’impressum et du Syndicat suisse des mass média. Edito se conçoit comme un magazine bimestriel de réflexion sur les médias. Trait d’union entre les différents acteurs professionnels, Edito a également l’ambition d’aborder des problématiques journalistiques des deux côtés de la Sarine. Chaque parution se fera simultanément en allemand et en français, avec des rédactions séparées et des incises en italiens.

Le projet est à la fois ambitieux et nécessaire. Ambitieux car il paraît difficile de cultiver une vision globale du journalisme qui passe au-dessus des clivages linguistiques et culturels helvétiques. Nécessaire, car les groupes de presse sont déjà en train de jeter des ponts. Ainsi, la fusion d’Edipresse suisse avec Tamedia (peut-être faudrait-il plutôt parler du rachat du premier par le deuxième) et l’existence du groupeRingier tendent à nous indiquer que les groupe financiers actifs dans le domaine de la presse font fi de la barrière du rösti. Un média digne de ce nom se penchant sur les pratiques journalistiques tant francophones que germanophones tombe donc assez juste.

Distribué gratuitement à tous les journalistes suisses (enfin, à ceux qui sont détenteurs d’une carte les mentionnant comme inscrits au registre professionnel), Edito va pouvoir mettre un peu de baume au coeur de professionnels qui voient leur avenir morose. « EDITO aimerait leur offrir un outil de travail et valoriser leur métier à l’heure des grands changements dans le monde des médias », note dans le premier éditorial du magazine Christian Campiche, rédacteur en chef pour la version francophone. Le sommaire du premier numéro est plutôt alléchant. On y trouve des articles portant sur les possibilités et les limites de la collaboration entre les différentes rédactions et entre les différents groupes qui les financent, un petit reportage sur la famille Lamunière, détentrice du groupe Edipresse, une interview de Roger Blum qui est professeur à l’Université de Berne et président de l’Autorité d’examen des plaintes radio-télé (AIEP). A noter également la présence des résultats des principaux éditeurs pour l’exercice 2007-2008. La recension de ces chiffres publics mais pas toujours trouvables et leur organisation dans un tableau permettant les comparaisons est une heureuse initiative. On y apprend ainsi qu’à l’exception d’Edipresse, les groupes de presses ont réalisé des chiffres d’affaire nettement supérieurs que lors de l’exercice comptable précédent.

Des réflexions d’ordre éthique sont également abordées. Ainsi le cas d’Eric Felley, ancien journaliste à L’Hebdo et candidat malheureux au Conseil d’Etat valaisan sous la bannière des démocrates chrétiens est évoqué en mentionnant les opinions et la position du principal intéressé mais également celles de son ancien rédacteur en chef.

En conclusion, saluons l’arrivée d’un magazine qui apporte un peu de sang neuf dans la profession de journaliste. Il faudra également suivre de près le site internet d’Edito car c’est par l’interactivité que peuvent susciter les débats et  les critiques autour des thèmes qu’aborde son magazine que ce nouveau média prend véritablement son sens. Donc sans stresser la rédaction romande, rappelons-lui qu’on attend avec une certaine impatience une version francophone (et même pourquoi pas italophone) du site !

Guillaume Henchoz