Un historien raconte l’Ukraine. Chapitre I

Un historien raconte l’Ukraine. Chapitre I

J’aime bien prendre le temps. Quand un événement survient dans l’actualité et s’y installe durablement, mon premier réflexe est d’ordre généalogique. Je me demande comment et pourquoi on en est arrivé là. Je ne me contente pas de jeter un vague regard dans le rétroviseur mais je m’y plonge complètement.

C’est le cas avec  l’Ukraine. Quand les manifestations sur la place Maïdan de Kiev ont commencé à prendre de l’ampleur, comme n’importe quel autre consommateur d’information, j’ai saisi qu’il se passait quelque chose, mais quoi ? Je ne suis pas un reporter baroudeur indépendant au business plan asthmatique (hélas). J’ai un job, des gosses, un agenda et un frigidaire à remplir. Inutile de penser faire le voyage jusqu’en Ukraine. En plus il y a la barrière de la langue et puis bon… le conflit est super bien couvert par les médias. (Au point qu’on en oublie presque la Syrie). Lire la suite « Un historien raconte l’Ukraine. Chapitre I »

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L’Economie est-elle une discipline en crise ?

Alors qu’une crise sans précédent frappe notre économie mondialisée, la critique se fait parfois virulente à l’encontre des économistes. Ne pouvait-on pas prévoir ce qui allait nous arriver ? C’est ce dont nous souhaitons discuter avec nos invités : nous pourrons ainsi débattre des fondements de l’économie, de son articulation avec d’autres disciplines académiques et de ses usages par les médias.

Cette émission de la langue des bois a été enregistrée en janvier 2009. Elle n’a pourtant pas pris une ride.


Invités

Pascal Bridel, professeur d’économie politique à l’Université de Lausanne

Christian Campiche, journaliste économique

André Mach, Maître d’enseignement et de recherche en science politique à l’Université de Lausanne.

Quelque chose de pourri au royaume d’Italie…

Quelque chose de pourri au royaume d’Italie…



Une Italie tout en clichés ?

La Péninsule italienne est souvent montrée du doigt par ses partenaires européens. On lui reproche son instabilité politique, son faible développement économique. A cela vient s’ajouter une série de critiques portant sur la mauvaise santé de sa société. Elle serait corrompue, sexiste, tantôt conservatrice -le pape n’est jamais très loin-  tantôt frivole et inconséquente –une posture que semblait déjà critiquer Fellini dans la Dolce vita.

Pour de nombreux médias, le Premier ministre actuel, Silvio Berlusconi, relèverait plus de la Commedia dell’arte que de la politique. Sexe, dérapages verbaux, accusations de corruption : les «affaires» s’accumulent autour du Cavaliere. Pourtant son style fait florès. Pour preuve, il a été élu, et plus d’une fois… On dit parfois que la politique est un sport de combat. La formule semble tout à fait convenir à l’Italie : des luttes sans fin opposent communistes et anticommunistes, fascistes et anitfascistes libéraux et conservateurs. Les différentes sphères garantes de la démocratie sont, elles aussi, régulièrement à couteaux tirés : les pouvoirs judiciaires et exécutifs se livrent à un long bras de fer à travers les affaires de corruption qui gangrènent la classe politique depuis des décennies.

Mais le malaise ne se limite peut-être pas au seul champ du politique. Nous souhaiterions également aborder la question de la société italienne. Les Italiens présentent un faible taux de maîtrise des outils informatiques. Peu d’entre eux parlent une seconde langue. Au-delà des clichés – les Italiens sont des dragueurs aux mœurs légères qui se nourrissent de pizza que confectionne leur mamma qui reste toute la sainte journée à la maison – Que peut-on dire des Italiens ?

Cette émission de la langue des bois souhaite prendre le temps pour ausculter la société italienne. Nous essaierons de gratter la couche des idées reçues et de l’actualité qui ne met pas ce pays en valeur pour nous demander ce qui se trouve derrière le décor. Y aurait-il vraiment quelque chose de pourri dans le royaume d’Italie ? Pour le savoir, nous vous proposons une petite causerie qui s’articulera autour de clichés qui pèsent sur l’Italie. A nos invités de les critiquer, de les démonter, …ou de les reprendre à leur compte !

Invités :

Grazia Tredanari, présidente de la section Vaud/Fribourg du Comité des Italiens de l’étranger.

Hervé Rayner, chercheur, professeur en sciences politique à l’Université de Lausanne

Pour écouter l’émission, cliquez sur ce lien qui vous dirigera sur le site de la langue des bois.

La crise du lait… et après ?

La crise du lait… et après ?

Dure dure, la vie de paysan. Enfants chéris de la nation, ils constituaient un des piliers de la défense nationale pendant la période de la guerre froide. Grâce à eux, notre pays devait bénéficier d’une (relative) autonomie alimentaire. Mais le mur est tombé et le libéralisme a triomphé : l’agriculture s’est ouverte à un marché un peu plus féroce que celui que nous fréquentons les samedis matins. Le cahier des charges des paysans s’est également pourvu de nouvelles lignes: ils sont maintenant garant de l’entretien du paysage de nos campagnes.

Leur univers s’est également complexifié : la branche est assortie d’une cascade de lois et de règlements. La production quant à elle s’articule entre d’un côté l’élaboration du marché européen et mondial et de l’autre la préservation d’une activité traditionnelle chère à de nombreux citoyens suisses. Les agriculteurs de notre pays sont donc soutenus par une série de mesures élaborées au niveau national. Il n’empêche. De nombreuses exploitations mettent la clé sous la porte.

La récente crise du lait que traverse la branche vient se rajouter à la morosité ambiante qui touche la profession. Ces dernières années ont vu l’abandon des quotas, la négociation de nouveaux contingentements, formation d’une « Interprofession ». Ajouter à cela des syndicats, des associations de producteurs et de distributeurs, des représentants de grands groupes alimentaires… Bref, quand les paysans sortent leurs tracteurs pour manifester contre la baisse du prix du lait, on en retient de belles images et des journées hautes en couleurs mais on peine à y comprendre quelque chose. Il faut dire que la situation est complexe et les acteurs du drame nombreux.

C’est pour cette raison que nous essaierons, en compagnie de nos invités de dresser le panorama de cette question : L’actuelle crise du lait préfigure-t-elle la disparition du monde paysan ?

Invité-e-s :

Alice Glauser, paysanne, conseillère nationale (UDC)

Yvan Droz, ethnologue, chargé de cours à l’IHEID

Walter Willener, directeur de l’AGORA (Association des groupements et organisations romands de l’agriculture), membre de l’UDC

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Sphère publique, sphère privée : les cartes sont-elles trop brouillées ?

Sphère publique, sphère privée : les cartes sont-elles trop brouillées ?

Facebook brouille les cartes de l’intime et du public, Google vend nos données personnelles au plus offrant, le téléphone portable importe nos conversations privées dans les lieux publics et la vidéosurveillance est généralisée.

Ces mutations sont très récentes et ont été très rapides. Elles semblent aussi suivre un même mouvement : une quasi fusion de la sphère privée avec la sphère publique. Or, la protection de la sphère privée occupe une place centrale dans l’idéologie libérale et la construction des démocraties occidentales modernes, ce qui pose donc des questions de philosophie politique.

Dans cette société  peuplée d’exhibitionnistes et de voyeurs, peut-on encore parler de l’existence d’une sphère privée ? Assiste-t-on à l’avènement d’un nouveau modèle de société et d’une nouvelle conception de la liberté ? Quels sont les risques encourus par cette confusion croissante des dimensions publique et privée de nos existences ?


Invité-e-s

Olivier Voirol est maître assistant en sociologie de la culture et de la communication à l’Institut de Sociologie des communications de masse à l’Université de Lausanne. Il effectue actuellement une une recherche FNRS sur les sites de rencontres comme mythique et sur les mutations qu’engendre ces nouveaux « online dating » en ce qui concerne, par exemple, la rencontre amoureuse ou la relation affective.

Lea Sgier est depuis 2003 chargée d’enseignement suppléante au Département de science politique de l’Université de Genève. Et depuis 2007, elle est chargée d’enseignement à l’Institut des sciences de l’information et de la communication à l’Université de Neuchâtel où elle anime un séminaire qui a pour suje, entre autres, la notion d’espace public.

Julien Freudiger est doctorant rattaché à  la faculté d’informatique et communication de l’EPFL. Le sujet de sa thèse de doctorat est la protection de la sphère privée dans les réseaux de communication mobile. Il s’intéresse plus particulièrement à la protection des données des utilisateurs de futurs réseaux sans fils notamment dans les réseaux sociaux.

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Internet rend-il stupide ?

Internet rend-il stupide ?

Notre première causerie de la rentrée est consacrée à la mutation culturelle produite par Internet et les nouvelles technologies. L’arrivée du Net dans notre quotidien bouleverse nos habitudes, modifie nos rapports à la lecture, à la connaissance, à l’apprentissage. Pour le meilleur ou pour le pire ? En compagnie de nos invités, nous tâcherons d’explorer et d’apprécier ces changements.

De savants crétins, c’est tout ce que l’écriture risque de produire, confiait en substance Socrate au jeune Phèdre sous la Plume d’un Platon qui n’en est pas à un paradoxe près. Socrate qui était en effet persuadé que le développement de l’écriture alphabétique ne pourrait que nuire à la transmission des connaissances qui se déroulaient auparavant dans le cadre d’une discussion, d‘un dialogue entre plusieurs interlocuteurs. Dégénérescence et déclin du savoir. Voilà ce qu’était censé représenter l’avènement de l’écriture.

C’est dans Playboy, 2000 ans plus tard, que le philosophe Marshall McLuhan donne le change au philosophe grec. Nous sommes en 1969. Explosions de nouveaux médias que l’américain qualifie d’électriques. Les interrogations de Socrate refont surface alors qu’il s’agit de s’interroger sur l’irruption de ce petit écran carré qui s’invite dans tous les foyers. En quoi va-t-il changer nos rapports à l’information, au savoir, quelles transformations de nos valeurs, de nos attitudes, la télévision va-t-elle produire. La réponse de McLuhan fait date, encore aujourd’hui : on n’en sait foutre rien. On a le nez dans le guidon. Selon le philosophe, le passage d’un environnement à un autre produit des mécanismes de résistance inconscients. La réalité des changements qui nous touchent n’est pas perceptible à l’instant. On a toujours un train de retard dans notre vision du monde.

C’est pourtant ce train que l’on vous propose de prendre ce prochain mardi 20 octobre sur Fréquence Banane à 20h00, puisque nous causerons de l’irruption des nouvelles technologies et de l’internet dans notre sphère culturelle et scientifique. Nous aurons le plaisir de recevoir autour de nos micros trois invités, Olivier Glassey, Stéphanie Booth et Lyonel Kaufmann qui s’efforceront de nous éclairer depuis leur domaine de connaissance… et leurs convictions.


Invité-e-s

Olivier Glassey est sociologue à l’Université de Lausanne

Stéphanie Booth est blogueuse, experte en nouvelles technologies de la communication

Lyonel Kaufmann est historien, formateur à la HEP-Lausanne

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