Balade à Montricher

Balade à Montricher

J’ai enfin trouvé le temps de passer par la Maison de l’écriture ouverte à Montricher par la Fondation Jan Michalski. Le but de l’institution est de proposer à des écrivains une retraite afin d’écrire.

La fondation est composée de deux structures séparées. On trouve d’un côté un espace dévolu aux congrès et aux expositions. Le second bâtiment abrite une magnifique bibliothèque.

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Voyage instagramique dans la Russie tsariste

Voyage instagramique dans la Russie tsariste

A Paris, le Musée Zadkine propose une exposition temporaire un peu déroutante. On se promène au fil des salles dans les paysages colorés de la Russie tsariste. A découvrir jusqu’au 13 avril 2014.

Sergueï Procoudine-Gorsky est un homme heureux au soir de ce 3 mai 1909. Il sort d’un long entretien avec le tsar Nicolas II à qui il a présenté ses clichés et son procédé de coloration des images en trichromie. L’empereur est un grand amateur de photographie. Il semble complètement conquis par la méthode de Procoudine-Gorsky puisqu’il lui confie des lettres de mission et un wagon spécialement aménagé en laboratoire. Le photographe a élaboré un programme de prises de vues de 10’000 images qui commence sur les bords de la Baltique et court jusqu’au Pacifique. Procoudine-Gorsky doit saisir l’empire russe, ses paysages, ses habitants, en couleur. Il s’est donné dix ans pour accomplir sa tâche. Lire la suite « Voyage instagramique dans la Russie tsariste »

Kouskous vous dites ? (voyage petersbourgeois #3)

Le langage fait défaut. Complétement largué. L’impression d’être un petit enfant de 2 ans qui commence à peine à comprendre que ce qui sort de la bouche des gens autour de lui a indéniablement du sens. On éprouve quelque chose de jouissif, de lumineux quand on commence  à identifier syntagmes et phonèmes comme structures minimales de sens dans un océan de sonorités inconnues. Dans la rame du métro qui nous mène à l’hôtel, une voix nasillarde lance un flot d’informations incompréhensibles. Mais au fil des différents arrêts, le sens apparaît. On énonce la station à laquelle nous sommes arrêtés puis on mentionne la suivante et ainsi de suite. Suis parvenu à déchiffrer cette énigme extraordinaire. Un rite de passage. L’impression d’opérer un rapprochement avec un élément du quotidien des habitants de la ville. Je commence à me sentir à l’aise et souris bêtement aux passagers du métro. Manque de pot, une vieille dame répond à mon air engageant. Rien Compris. Camille est trop morte de rire pour essayer de traduire quoi que ce soit. Elle préfère me laisser mariner dans mon jus jusqu’à ce qu’on annonce notre sortie. Avant de m’extraire de la rame je lance un timide « da svidanya ». Regard noir. Aucune réponse.

Premiers contacts (voyage petersbourgeois #2)

Flash-back. Petite préparation avant départ et mise en place de quelques préjugés inhérents à notre vision occidentalo-centrée. Les russes sont des ivrognes tragiques, fidèles en amitié, un peu racistes et très bougons. « Tu peux crever par terre dans la rue, si tu ne connais personne, ne compte pas sur un inconnu pour te relever » m’avait glissé un ami russe, peu avant le départ. Quand les clichés sont soutenus par les locaux, sont-ils toujours des clichés ?

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En piste ! (voyage petersbourgeois #1)

Nous venons de passer au-dessus de Tallin. L’avion amorce sa lente descente. Nous nous enfonçons dans la mer de nuages. Toujours ce même soupçon d’angoisse en avion. Peur de cet abandon de soi, de cette confiance forcée à des gens – un pilote et un co-pilote, essentiellement -capables de maîtriser un environnement technologique qui nous dépasse complètement. Le sang monte à la tête tandis que la carlingue du Boeing 737 « Franz Lizst » d’Al Italia pique du nez en direction de la terre ferme.

« Nous traversons une zone de turbulences« , annonce une voix grésillante tandis que nous subissons les soubresauts des trous d’air. Merde. L’avion semble avoir le hoquet. Echanges de regards un peu crispés entre voisins. De leur côté, stewards et hôtesses restent impassibles. Sourires comme figés sur leur visage. Nous plongeons.

Seul maître à bord, le pilote dirige son appareil vers une piste d’atterrissage que lui seul semble apercevoir. Une roue, puis deux, touchent le sol et déjà l’appareil freine. Pas d’applaudissements. Un arrivée ordinaire sur la piste un peu défoncée de l’aéroport de Saint-Petersbourg.

Je déteste l’avion.