Comment les Anglais ont perdu l’Afghanistan (il y a 170 ans)

Comment les Anglais ont perdu l’Afghanistan (il y a 170 ans)

L’historien écossais William Dalrymple retrace la tentative d’invasion de cette partie de l’Asie par les Britanniques au XIXe siècle, prélude aux conflits qui déchirent encore le pays. Article initialement paru dans le Matin Dimanche du 8 juin 2014. A lire également l’interview de l’anthropologue Alessandro Monsutti qui offre un contrepoint intéressant à la lecture de ce livre.

Le docteur Brydon est un homme chanceux. C’est le seul survivant de la colonne anglaise de plus de 15 000 personnes qui a fui Kaboul le 6 janvier 1842. Blessé et épuisé, il parvient à passer les lignes afghanes et à rejoindre une garnison anglaise elle aussi assiégée à Jalalabad. Le dernier carré anglais est tombé au sommet de la colline de Gandamak. Les officiers supérieurs et quelques ladies ont été invités à se rendre. Les soldats de la Compagnie des Indes, en grande partie des cipayes indiens, sont massacrés à l’exception de quelques-uns, vendus sur les marchés aux esclaves d’Asie centrale. La tentative d’invasion de l’Afghanistan par les Britanniques est un cuisant échec. Lire la suite « Comment les Anglais ont perdu l’Afghanistan (il y a 170 ans) »

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Witold Pilecki, un déporté volontaire à Auschwitz

Witold Pilecki, un déporté volontaire à Auschwitz

Le « Rapport Pilecki » écrit en 1945, deux après l’évasion du sous-lieutenant de cavalerie, vient d’être traduit en français. Il relate les premières années de la fureur exterminatrice des nazis dans les camps polonais. Article paru dans le Matin Dimanche, le 25 mai 2014.

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Les villes du Moyen Age étaient sales et joyeuses

Les villes du Moyen Age étaient sales et joyeuses

En se fondant sur deux articles rédigés par son père Arsenio Frugoni, Chiara Frugoni, médiéviste comme lui, reconstitue une journée dans une cité médiévale. Une balade érudite et poétique. Un article publié initialement dans le Matin Dimanche.

Un jour qu’il déambulait dans les rues de sa Florence du XIIIe siècle, Dante Alighieri, dit Dante, croisa le chemin d’un homme et de son âne. Le premier marchait derrière le bourricot en chantant des sonnets du grand poète et les concluait régulièrement par des «Arri!» un terme toscan qu’on pour- rait traduire par «Hue cocotte!» en frappant les flancs de l’animal pour le faire avancer. Le sang de Dante ne fit qu’un tour: il se précipita sur le pauvre homme et lui flanqua un grand coup sur les épaules en lui lançant: «Cet Arri-là, je ne l’ai pas mis dans mes vers!» Lire la suite « Les villes du Moyen Age étaient sales et joyeuses »

Jésus Christ, leader politique

Jésus Christ, leader politique

Dans « Le Zélote », l’historien des religions américain Reza Aslan présente Jésus comme un révolutionnaire. L’auteur n’est pas le premier à porter cette thèse, mais le fait qu’il soit musulman a déclenché une polémique aux Etats-Unis. Article paru dans le Matin Dimanche du 13 avril 2014

« Pourquoi avoir écrit un livre sur la vie de Jésus alors que vous êtes musulman? »  Lauren Green, journaliste de la chaîne conservatrice américaine Fox News reformulera plusieurs fois cette question au cours d’un entretien avec Reza Aslan. L’historien des religions vient présenter sa biographie de Jésus, dont la traduction française sort cette semaine. Il s’emploie vaille que vaille à rappeler qu’il possède un doctorat en histoire des religions, maîtrise le grec, et travaille sur le sujet dans un contexte académique depuis plusieurs années. Rien n’y fait. Lauren Green reformule systématiquement la même question: « En tant que musulman, pourquoi écrivez-vous sur Jésus? »

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Olympe de Gouges, féministe et révolutionnaire

Olympe de Gouges, féministe et révolutionnaire

Longtemps, elle fut décrite comme une courtisane ou une hystérique. Révoltée, elle l’était. Contre les injustices. Elle s’est engagée jusqu’à la mort pour défendre la cause féminine. Mais la République française ne l’a toujours pas admise au Panthéon. Article paru dans le Matin Dimanche, le 23 mars 2014.

Olympe de Gouges vient de trébucher sur la dernière marche. Non pas celle de l’échafaud, où elle a été guillotinée le 3 novembre 1793. Mais celle du Panthéon, ce temple laïc qui a pour fonction d’honorer les grands personnages ayant marqué l’histoire de France. Pressentie pour y faire son entrée, soutenue par un fan’s club important comportant de nombreux historiens, sociologues et politiques, l’auteur de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ne verra pas ses cendres transférées dans la demeure « des hommes illustres ». François Hollande lui a préféré Germaine Tillion, ethnologue et résistante. Olympe de Gouges n’en était pourtant pas à son premier essai. Depuis 1989, plusieurs tentatives ont été effectuées pour essayer de faire entrer ses cendres au Panthéon. Rien n’y fait. Lire la suite « Olympe de Gouges, féministe et révolutionnaire »

Un autre 1914 était-il possible ?

Un autre 1914 était-il possible ?

Deux historiens reviennent sur les responsabilités du conflit en dressant les portraits des acteurs et des pays belligérants. A leur lecture, on se prend parfois à songer qu’une autre issue était envisageable.

(Article publié le dimanche 2 mars 2014 dans le Matin Dimanche. Titre initial : En quête des coupables de la Grande Guerre)

«L’Allemagne a déclaré la guerre à la Russie. Après-midi piscine», écrivait Franz Kafka dans son journal, le 2 août 1914. Aveugle, le grand écrivain? Peut-être pas. Kafka vit sur un continent qui n’a pas connu de conflit majeur depuis trente-sept ans. Certes, il y a eu les guerres desBalkans, la constitution de blocs d’alliances et une multitude de crises diplomatiques. Mais l’essentiel des conflits s’est jusqu’ici déroulé aux frontières de l’Europe et dans les colonies. Et puis, ce nouveau siècle est porteur de grands progrès. La paix devait être suffisamment importante pour qu’on ne choisisse pas la guerre, devait penser Kafka. Il avait tort. Lire la suite « Un autre 1914 était-il possible ? »

En 1848, la Suisse débat déjà…des étrangers

En 1848, la Suisse débat déjà…des étrangers

 Article paru dans le Matin Dimanche, le 9 février 2014.

La préoccupation liée à l’immigration remonte à loin. L’un des premiers dossiers traités par le nouveau parlement de 1848 est celui du sort des réfugiés politiques venus d’Europe. A l’époque, ce n’est pas leur nombre mais les pressions des puissances voisines qui inquiétaient la Suisse.

Berne, novembre 1848. Les députés fraîchement élus de la toute nouvelle Assemblée fédérale viennent de choisir le premier Conseil fédéral et engagent leur premier débat national aux deux Chambres. Et on discute déjà du sort des étrangers ! Il ne s’agit pas, alors, de travailleurs – la Suisse est une terre d’émigration à cette époque- mais de réfugiés politiques. Les premières révolutions libérales échouent partout, en Italie, en France, bientôt en Allemagne. Leurs instigateurs sont des milliers à fuir. Il y a parmi eux des figures célèbres, comme le chef de file du Risorgimento italien, Giuseppe Mazzini, qui se réfugiera à plusieurs reprises au Tessin et à Genève, ou le compositeur Richard Wagner, qui séjournera neuf ans en Suisse. Lire la suite « En 1848, la Suisse débat déjà…des étrangers »