Chacaille

Balade à Montricher

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J’ai enfin trouvé le temps de passer par la Maison de l’écriture ouverte à Montricher par la Fondation Jan Michalski. Le but de l’institution est de proposer à des écrivains une retraite afin d’écrire.

La fondation est composée de deux structures séparées. On trouve d’un côté un espace dévolu aux congrès et aux expositions. Le second bâtiment abrite une magnifique bibliothèque.

Je dois dire que je garde de cette visite un sentiment un peu ambivalent. On est d’abord marqué par cet imposant complexe en béton que l’on voit quand on prend la route qui borde le massif jurassien. De loin, ce n’est pas très beau (je trouve). On dirait une sorte d’hommage à l’architecture soviétique. Mais quand on se rapproche des bâtiments, tout change. La structure semble moins massive, plus élancée.

Nous avons commencé la visite par l’exposition temporaire. On y trouve les portraits de grands écrivains du XXème siècle réalisés par Horst Tappe. Si le cadre de l’expo est intéressant, Les clichés exposés sont décevants. Les photos présentent toutes le même dispositif. Un écrivain en plan rapproché fixe intensément l’objectif. Rien de bien original d’un point de vue photographique. On a l’impression d’observer une succession de photos d’auteur qu’on trouverait au dos de leurs ouvrages. Pour un peu on aurait envie de jouer au grand jeu de la culture bourgeoise : il s’agit de passer devant les portraits sans regarder les noms et de comptabiliser les écrivains que l’on reconnait. Celui ou celle qui en a repéré le plus est sacré(e) grand intellectuel. Il gagne l’admiration de ses pairs. Pouf, pouf.

Chessex se la pète avec Morrison et Levi-Strauss
C’est beau, c’est haut. C’est un peu vide aussi.
Délicieux moment d’émotion face à ce joli étalage de culture bourgeoise : « Horst Tappe repose au cimetière de Clarens-Montreux, entouré de nombreuses personnalités ». C’est quand-même plus pratique pour organiser des cocktails. Pas besoin de déterrer Nabokov, il crèche deux tombes plus loin.

Mais le clou du spectacle, c’est la visite de la bibliothèque qui est vraiment extraordinaire. L’ancien étudiant que je suis ne pouvait que bicher à la vue des petits coins de lecture prévus pour les usagers qui souhaitent y travailler. J’y suis resté quelques heures. Les fauteuils sont parfait, l’espace à disposition est généreux. Le seul problème ce sont les autres « visiteurs ».

La bibliothèque ne se trouve pas en ville, ce qui offre certaines garanties: les places de travail ne sont pas assaillies par des hordes d’étudiants prolétaires incapables de prendre des notes dans un livre autre part que dans une bibliothèque. C’est un bon point. Par contre on y trouvera de nombreux touristes du dimanche qui n’ont pas forcément intégré l’étiquette inhérente à un lieu de savoir (ndlr : un lieu de savoir est un endroit où l’on chuchote, baisse les yeux quand on se déplace, se fait insulter quand on demande un renseignement stupide à n’importe qui).

De la lumière, des sièges confortables, du wifi, une grande table. Ces architectes ont pensé à tout. Ils ne devaient pas être bon marché.
Les rayons sont un peu vide pour l’instant, mais ça se remplit gentiment .

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