Dans Ambroise Paré, la main savante, l’auteur dresse le portrait engagé de celui qui fut l’un des premiers chirurgiens à tenter de systématiser son art. Au XVIe siècle, dans une France en proie à la guerre civile, à la famine et à la peste, Ambroise Paré va trouver matière à s’exercer. L’homme s’est formé sur le terrain: il suit les campagnes militaires, officie dans les hôpitaux. Il tranche et cautérise, ouvre et rebouche, soigne et apprend. Son temps se charge de lui fournir le matériel humain, objet de ses recherches. Les gens tombent comme des mouches.

Paré est un homme de la Renaissance: le développement de l’imprimerie, la circulation des idées va permettre une autre compréhension de l’humain. C’est dans ce contexte paradoxal, mêlant émulation intellectuelle avec les guerres et leur cortège d’horreurs que vont se développer les prémices de la chirurgie moderne. Le texte de Delacomptée s’avère dense, érudit et poétique. On a l’impression qu’il fait corps avec son objet. Les longues énumérations des maladies, de leur manifestation, des gestes médicaux et des médicaments avec leurs composants nous rappellent la truculente logorrhée d’un Rabelais.

Références : Jean-Michel Delacamptée Ambroise Paré, la main savante Gallimard, 2007.

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