Chacaille

Kouskous vous dites ? (voyage petersbourgeois #3)

Publicités

Le langage fait défaut. Complétement largué. L’impression d’être un petit enfant de 2 ans qui commence à peine à comprendre que ce qui sort de la bouche des gens autour de lui a indéniablement du sens. On éprouve quelque chose de jouissif, de lumineux quand on commence  à identifier syntagmes et phonèmes comme structures minimales de sens dans un océan de sonorités inconnues. Dans la rame du métro qui nous mène à l’hôtel, une voix nasillarde lance un flot d’informations incompréhensibles. Mais au fil des différents arrêts, le sens apparaît. On énonce la station à laquelle nous sommes arrêtés puis on mentionne la suivante et ainsi de suite. Suis parvenu à déchiffrer cette énigme extraordinaire. Un rite de passage. L’impression d’opérer un rapprochement avec un élément du quotidien des habitants de la ville. Je commence à me sentir à l’aise et souris bêtement aux passagers du métro. Manque de pot, une vieille dame répond à mon air engageant. Rien Compris. Camille est trop morte de rire pour essayer de traduire quoi que ce soit. Elle préfère me laisser mariner dans mon jus jusqu’à ce qu’on annonce notre sortie. Avant de m’extraire de la rame je lance un timide « da svidanya ». Regard noir. Aucune réponse.

Publicités