Premiers contacts (voyage petersbourgeois #2)

Flash-back. Petite préparation avant départ et mise en place de quelques préjugés inhérents à notre vision occidentalo-centrée. Les russes sont des ivrognes tragiques, fidèles en amitié, un peu racistes et très bougons. « Tu peux crever par terre dans la rue, si tu ne connais personne, ne compte pas sur un inconnu pour te relever » m’avait glissé un ami russe, peu avant le départ. Quand les clichés sont soutenus par les locaux, sont-ils toujours des clichés ?

Elle a le teint blafard, les dents jaunes; elle est laide comme un pou et son uniforme n’arrange rien. Au milieu de son visage, trône un énorme tarin qu’elle utilise comme un limier. Elle renifle d’un air suspicieux nos papiers, visas, déclarations de douanes (Non, nous ne transportons aucune matière radioactive ; non, nous ne sommes pas en possession de journaux ou de supports médias illicites ; non, aucune connaissance tchétchène ne nous a demandé de transporter un colis pour sa belle-mère souffrante à Saint-Pétersbourg). Elle effectue son travail avec méticulosité et lenteur. Elle vérifiera au moins trois fois ma bobine, me faisant enlever mes lunettes à deux reprises. Elle grogne un truc incompréhensible. Exécute un petit signe de la main. Elle semble déçue de n’avoir rien trouvé qui puisse lui permettre de m’interdire d’aller plus loin. « Welcome in Russia. Next!« 

La seconde rencontre est plus fructueuse. Elle est toute mignonne dans un blazer-uniforme de banquière. Un peu trop maquillée, avec des talons un peu trop longs et une voix un peu trop aigue. Difficile de dire jusqu’à quel point le sourire fait partie de l’uniforme. Heureuse surprise, Natalia -c’est le nom inscrit sur son badge- est adorable. Non content de ne pas nous arnaquer (taux de change correct, pas de commission à 10%), elle nous indique comment négocier à moindre frais un transport pour le centre ville. « I hope you will like our city! ».

Dans le minibus qui nous conduit en direction du centre ville, un homme d’abord bourru et réservé s’enquiert de notre destination et semble franchement rassuré de voir que l’un d’entre nous parle russe et que nous nous dirigeons vers la bonne rame de de métro. Quand nous nous quittons, son visage s’illumine d’un beau sourire éblouissant – au sens propre car les dents de la machoire inférieure sont en or. « Kein Problem. Gut Metro, Mein Herr. Kein Problem! »

La guichetière à qui nous achetons nos billets correspond aux clichés de la baboushka de base. Elle colle bien avec le métro. On dirait qu’elle ne sait pas encore que son pays s’est débarrassé du communisme. Elle ne décille pas quand nous lui demandons (en russe) s’il y a possibilité de contracter un abonnement hebdomadaire. En lieu de réponse, elle nous balance à la figure une flopée de de billets en bloc.

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