Chacaille

En piste ! (voyage petersbourgeois #1)

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Nous venons de passer au-dessus de Tallin. L’avion amorce sa lente descente. Nous nous enfonçons dans la mer de nuages. Toujours ce même soupçon d’angoisse en avion. Peur de cet abandon de soi, de cette confiance forcée à des gens – un pilote et un co-pilote, essentiellement -capables de maîtriser un environnement technologique qui nous dépasse complètement. Le sang monte à la tête tandis que la carlingue du Boeing 737 « Franz Lizst » d’Al Italia pique du nez en direction de la terre ferme.

« Nous traversons une zone de turbulences« , annonce une voix grésillante tandis que nous subissons les soubresauts des trous d’air. Merde. L’avion semble avoir le hoquet. Echanges de regards un peu crispés entre voisins. De leur côté, stewards et hôtesses restent impassibles. Sourires comme figés sur leur visage. Nous plongeons.

Seul maître à bord, le pilote dirige son appareil vers une piste d’atterrissage que lui seul semble apercevoir. Une roue, puis deux, touchent le sol et déjà l’appareil freine. Pas d’applaudissements. Un arrivée ordinaire sur la piste un peu défoncée de l’aéroport de Saint-Petersbourg.

Je déteste l’avion.

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