Stephen Engleberg, Managing Editor de Propublica

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« Quel est votre business plan ? » Stephen Engelberg attendait la question depuis un moment. Avant d’y répondre, il esquisse un sourire, savoure le moment puis se lance : « Mon business model est très simple. Je reçois de l’argent et je le dépense. Et faites-moi confiance, je m’arrange toujours pour en dépenser plus qu’on m’en a donné ». Le public est vert. La jalousie sans doute.

Il faut dire qu’il a de la chance le « Managing Editor » de Propublica. Sa fondation est financée par un couple de très riches mécènes, les Sandler, qui injectent 10 millions de dollars par année dans ce média sans pouvoir dire un seul mot sur le contenu  rédactionnel du site. On se pince. « Au sein de la rédaction, on se demande parfois ce qu’ils ont fait de si affreux pour éprouver le besoin de se montrer aussi généreux ». Avant on investissait dans les indulgences, maintenant on contribue à l’entretien d’une presse de qualité.

Propublica se porte bien financièrement. Outre le couple Sandler, d’autres donateurs, parfois anonymes, contribuent à maintenir l’organisation à flots. Pobublica a fait le pari du pure player. Ses reportages croisent les différents supports (sons, vidéo, écriture multimédia) et les articles sont directement accessibles depuis leur site. Mediapart héberge par exemple une sélection de reportages dans l’édition éponyme de son club.

Mais qu’est ce qu’apporte exactement Probulica que l’on ne trouve pas ailleurs ? « Nous nous efforçons de raconter des histoires différentes », insiste Stephen Engelberg. Il s’agit souvent de longs articles et des papiers qui nécessitent un investissement que les médias américains ne parviennent plus à assurer. De nombreux intervenants du congrès portant sur le journalisme d’investigation, à l’instar de Seymour Hersh, ont insisté sur la mauvaise qualité de la presse locale nord-américaine. « Nous nous retrouvons régulièrement en train d’enquêter sur des sujets pour le compte de journaux officiels. Ces derniers ont de plus en plus tendance à sous-traiter l’investigation ». Il faut dire qu’ils n’ont peut-être pas le même modèle que Propublica…

L’un de ses reportages vient de remporter le prix Pulitzer. Il s’agit d’une enquête portant sur des cas d’euthanasie qui se sont déroulés en Louisiane , lors du passage de l’ouragan Katrina. Contrairement à ce qui s’est beaucoup dit dans la presse et sur la toile, ce n’est pas la première fois  qu’un reportage pure player remporte un prix de journalisme. La nouveauté réside plutôt dans le fait que le reportage primé a été réalisé et diffusé par un média proposant l’accès libre à ses contenus.

Guillaume Henchoz

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4 réflexions sur “Stephen Engelberg (Propublica) : « Mon business plan est simple. Je reçois de l’argent et je le dépense »

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