Ces magazines qui nagent à contre-courant (2/2)

Les journaux licencient ? Ils engagent. Les titres mettent la clef sous la porte ? Ils se lancent. Les articles sont toujours plus, courts, ils osent remplir des pages avec un seul sujet. Les magazines Books et XXI remontent le courant, la tête hors de l’eau. Pour l’instant. Comment font-ils ?

Books, un magazine passeur d’idées

Genèse

C’est sur l’instigation de son directeur de publication, Olivier Postel-Vinay que le magazine Books voit le jour. Le journaliste n’en est pas à son premier coup d’essai. Sous sa férule s’est développé un journal qui marche fort depuis les années 1990 : le Courrier international. Le format et le support de Books ne sont pas sans rappeler ce magazine, d’ailleurs: grand, imprimé en couleur, articles traduits en provenance des quatre coins du globe.

Concept

Tout comme XXIBooks a fait le pari de la longueur et de l’exigence intellectuelle. Le magazine ne propose cependant pas des reportages ou des enquêtes de terrain mais des recensions de bouquins: «nous nous efforçons d’éclairer l’actualité à travers des livres parus dans le monde entier», nous explique Olivier Postel-Vinay. Si c’est un regard d’intellectuel porté sur le monde des idées que propose le magazine Books, pas besoin de posséder un titre universitaire pour se lancer dans sa lecture: «nous sommes avant tout un magazine » rappelle son créateur, «nous nous efforçons de nous adresser à un large public de curieux. Beaucoup lus par les étudiants, nous surfons également sur la vague du papy-boom». Les articles sont le plus souvent des traductions des prestigieuses revues littéraires anglo-saxonnes telles la New-York Review of Books ou le Times Litterary Supplement, mais les autres titre italien, espagnols ou allemands ne sont pas en reste. Ces traductions sont souvent réunies pour former des dossiers qui sont complétés avec de plus petits articles, souvent des entretiens effectués par le magazine auprès de chercheurs ou de penseurs francophones. Olivier Postel-Vinay insiste: «Le concept de Books n’est pas directement importé des Etats-Unis. Il s’agit d’un nouveau modèle, hybride, qui se situe entre le Courrier international et les revues américaines ». Son nom anglophone est entièrement assumé par son créateur: «il se mémorise facilement tout en étant international».

Support

Books est un magazine doté d’un site internet assez étonnant: on y trouve bien sûr certains articles de la revue et quelques «bonus» (entretiens filmés et documents radiophoniques liés à des articles parus sur papiers) mais aussi des rubriques propres au site. Le magazine dispose ainsi de forums de discussion et d’un « Wikigrill » qui passe à la loupe les articles controversés de Wikipedia en lien avec les thématiques abordées dans les différents numéros. On y trouve également des chroniques et des éditos de différents invités. Pour Olivier Postel-Vinay, Books doit jouer sur le deux tableaux: «pour l’instant, notre site permet de développer avec nos lecteurs les controverses que nous abordons sur papier et de susciter des abonnements. A terme, on ne sait qui de la toile ou du papier va l’emporter. Même si j’aimerais pouvoir affirmer que nous avons un avenir sur le papier, je ne dois pas exclure que le web l’emporte définitivement».

Financement

Pour financer la revue, pas besoin de réinventer la poudre, «notre modèle est très classique » nous assure son directeur, «il repose sur trois axes : nos ventes, nos abonnements et la publicité». Le capital de départ a été constitué par Olivier Postel-Vinay ainsi que «des chefs d’entreprise de taille moyenne qui ont investi à titre personnel» peut-on apprendre sur le site de Books. Olivier Poste Vinay s’empresse d’ajouter: «si aucun grand groupe ne nous contrôle, les investisseurs que j’ai contactés ne font pas dans le mécénat pour autant. Ils attendent un retour sur investissement». C’est toutefois bien le directeur de publication qui détient le contrôle de l’entreprises et en assument les choix structuraux et éditoriaux.

Le site internet de Bookshttp://www.booksmag.fr/

Magazine mensuel vendu en kiosk, 71 pages, 10.-

Guillaume Henchoz

(article paru dans le magazine EDITO, décembre 2009)


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