Le printemps de la désobéissance civile

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CONTESTATION • De plus en plus de mouvements enfreignent la loi afin d’en dénoncer une application injuste. Retour sur les fondamentaux théoriques et pratiques de la désobéissance civile. Walden, Massachusetts, avril 1846. Des policiers se rendent au domicile d’un jeune … Lire la suite 

Kouskous vous dites ? (voyage petersbourgeois #3)

Le langage fait défaut. Complétement largué. L’impression d’être un petit enfant de 2 ans qui commence à peine à comprendre que ce qui sort de la bouche des gens autour de lui a indéniablement du sens. On éprouve quelque chose de jouissif, de lumineux quand on commence  à identifier syntagmes et phonèmes comme structures minimales de sens dans un océan de sonorités inconnues. Dans la rame du métro qui nous mène à l’hôtel, une voix nasillarde lance un flot d’informations incompréhensibles. Mais au fil des différents arrêts, le sens apparaît. On énonce la station à laquelle nous sommes arrêtés puis on mentionne la suivante et ainsi de suite. Suis parvenu à déchiffrer cette énigme extraordinaire. Un rite de passage. L’impression d’opérer un rapprochement avec un élément du quotidien des habitants de la ville. Je commence à me sentir à l’aise et souris bêtement aux passagers du métro. Manque de pot, une vieille dame répond à mon air engageant. Rien Compris. Camille est trop morte de rire pour essayer de traduire quoi que ce soit. Elle préfère me laisser mariner dans mon jus jusqu’à ce qu’on annonce notre sortie. Avant de m’extraire de la rame je lance un timide "da svidanya". Regard noir. Aucune réponse.

Premiers contacts (voyage petersbourgeois #2)

Flash-back. Petite préparation avant départ et mise en place de quelques préjugés inhérents à notre vision occidentalo-centrée. Les russes sont des ivrognes tragiques, fidèles en amitié, un peu racistes et très bougons. "Tu peux crever par terre dans la rue, si tu ne connais personne, ne compte pas sur un inconnu pour te relever" m’avait glissé un ami russe, peu avant le départ. Quand les clichés sont soutenus par les locaux, sont-ils toujours des clichés ?

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En piste ! (voyage petersbourgeois #1)

Nous venons de passer au-dessus de Tallin. L’avion amorce sa lente descente. Nous nous enfonçons dans la mer de nuages. Toujours ce même soupçon d’angoisse en avion. Peur de cet abandon de soi, de cette confiance forcée à des gens – un pilote et un co-pilote, essentiellement -capables de maîtriser un environnement technologique qui nous dépasse complètement. Le sang monte à la tête tandis que la carlingue du Boeing 737 "Franz Lizst" d’Al Italia pique du nez en direction de la terre ferme.

"Nous traversons une zone de turbulences", annonce une voix grésillante tandis que nous subissons les soubresauts des trous d’air. Merde. L’avion semble avoir le hoquet. Echanges de regards un peu crispés entre voisins. De leur côté, stewards et hôtesses restent impassibles. Sourires comme figés sur leur visage. Nous plongeons.

Seul maître à bord, le pilote dirige son appareil vers une piste d’atterrissage que lui seul semble apercevoir. Une roue, puis deux, touchent le sol et déjà l’appareil freine. Pas d’applaudissements. Un arrivée ordinaire sur la piste un peu défoncée de l’aéroport de Saint-Petersbourg.

Je déteste l’avion.

Une «pensée à gauche» généreuse, mais hermétique

Plutôt qu’un livre, c’est un outil que nous proposent les éditions Amsterdam avec l’imposant Penser à gauche, qui vient de paraître en début d’année. Cet austère pavé recense de nombreux articles initialement parus dans la feue Revue internationale des livres et des idées. Ils constituent un panorama des différentes formes de pensées critiques. Luc Boltanski, Giorgio Agamben, Isabelle Stengers, Anonio Negri, Etienne Balibar, …: les différents contributeurs n’appartiennent pas aux mêmes écoles de pensée et ont régulièrement croisé le fer. Ils sont cependant tous réunis autour d’une idée commune: le capitalisme est un modèle qu’il s’agit de critiquer et de dépasser. Lire la suite

Manger de la viande, à quel prix ?

Dans «Faut-il manger les animaux?», Jonathan Safran Foer interroge nos habitudes alimentaires liées à la consommation de viande à travers un dispositif textuel original, oscillant entre essai, reportage et témoignage.  

Il a une gueule de premier de classe, Jonathan Safran Foer, alors forcément, il a tendance à énerver un peu. Comme si cela ne suffisait pas, l’écrivain new-yorkais a décidé de traiter dans son nouveau livre d’un sujet qui fâche, à savoir le rapport que nous entretenons aux animaux que nous mangeons. L’auteur ne souhaite ni frustrer, ni crisper, mais simplement attirer l’attention sur un mode alimentaire qui pose de plus en plus de problèmes.

Jusqu’ici, Foer s’est fait connaître à travers deux romans originaux, Tout est illuminé (2003) et Extrêmement fort et incroyablement près (2005). Faut-il manger les animaux? ne relève plus de la fiction: dans ce long texte, il interroge directement sa relation à la viande et à la mise à mort des animaux que nous consommons. L’auteur l’annonce d’emblée, il est devenu végétarien. Il déroule longuement, dans la première partie, le chemin qu’il a parcouru avant de prendre cette décision. A ce moment du livre, tout omnivore normalement constitué se demande si cela vaut la peine de continuer. Le talent de conteur de l’auteur prend toutefois le pas sur le sentiment de lâcheté pas vraiment assumé du lecteur. Car Jonathan Safran Foer est une plume redoutable. Lire la suite